Miami Office
150 SE 2nd Avenue, Suite 704
Miami, FL 33131
United States

Volcker Rules

  • Posted by: Fabien Tabouret

Vous pouvez retrouver cet article sur le site de Boursorama.

On assouplie les règles de Volcker. Impact positif sur les activités de Fonds Propres des Banques Américaines!

De nombreux pays sont venus au secours de leurs banques, suite au krach financier de 2008. Dans un deuxième temps, les états concernés (principalement aux Etats-Unis et en Europe) ont du modifié leurs législations bancaires afin d’endiguer les excès considérés à l’origine de cette crise. Certaines activités bancaires furent arrêtées ou d’autres fortement réduites, sous l’œil attentif des régulateurs en charge de l’application de ces nouvelles règles. En parallèle, un effort important de renforcement des capitaux propres fut exigé de cette industrie afin d’épargner au contribuable un soutien systématique dans le cas d’une future crise.

Le coût de cette opération pour la collectivité fut important. L’endettement des états impliqués s’est accru d’une manière significative, menant par la suite à des politiques d’austérités budgétaires dans certains pays. Frileux de se mettre en conformité, le secteur bancaire a parfois délaissé le financement de l’économie réelle au profit de celui des états (désormais surendettés). L’endettement souverain est considéré moins risqué au regard de la réglementation. Le résultat s’est traduit par une activité économique en dessous de son potentiel de croissance voir, dans certains cas, anémique. En réponse, les grandes Banques Centrales ne pouvaient qu’appliquer des politiques monétaires historiquement accommodantes, en espérant une reprise un jour…..

Mais voilà, avec ces économies qui restent structurellement faibles, des taux d’intérêts proche de zéro, et une ressource importante de capitaux propres à rémunérer, les marges sur des activités bancaires classiques s’avèrent fréquemment insuffisantes. Compensées par une réduction des coûts de fonctionnement suite aux progrès technologiques, nombreuses grandes banques mondiales ont réussi, malgré tout, à afficher des résultats honorables. Cependant, leur avenir reste toujours incertain au regard de la santé fragile de l’économie réelle dans laquelle elles opèrent.

Face à une telle perspective, les banques américaines cherchent à prendre les devants. Elles ont poussé leurs autorités à ‘lâcher du lest’ à travers un assouplissement des règles de ‘Volcker’ qu’elles trouvent trop contraignantes (ces règles touchent essentiellement les activités boursières des banques). Pour quelqu’un qui comprend les bienfaits des marchés financiers en bonne santé, Mr Trump a été sensible à ces demandes. Avec des banques plus rentables, il estime que celles-ci seraient un moteur plus performant encore dans la construction de la croissance future du pays.

Le débat politique est désormais ouvert pour un ajustement des règles en ce sens. Une fois en place, il donnerait aux banques américaines un triple avantage compétitif à l’échelle mondiale : une assise financière de taille grâce à une grande économie, les Etats-Unis, qui s’en sort relativement mieux que l’Europe et le Japon, des marges intéressantes sur leurs crédits à l’aide de taux d’intérêts américains encore positifs, et enfin une réglementation plus assouplie que celle de ses concurrents étrangers.

Le challenge d’une telle réforme serait alors de l’encadrer afin d’éviter un retour aux dérives du passé. Avec la fin de la politique d’autorégulation prônée par Mr Greenspan et Mr Bernanke, les autorités américaines d’aujourd’hui sont en position pour mener à bien cet assouplissement réglementaire, car ils ont déjà en place l’arsenal juridique nécessaire à leur disposition.

 

Colonne par Ygal Cohen, Président, Fondateur, Membre du Conseil d’administration, Gestionnaire de portefeuille.

Author: Fabien Tabouret
This website uses cookies and asks your personal data to enhance your browsing experience.