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Tohu-bohu financier

  • Posted by: Fabien

Vous pouvez retrouver cet article sur le site de Boursorama

 

La  gestion  monétaire  de  la  crise  sanitaire  de  2020  transgresse  les règles  antérieures  appliquées  par  les autorités  financières.  Ce  faisant, elle conduit la planète finance vers un nouvel ordre opérationnel sur lequel on peut, d’ores et déjà, émettre quelques observations.

Les  crises  de  2008  et  de  2020  ont  mis  en  lumière  des déséquilibres  financiers liés à un trop plein de dettes à l’échelle de la planète. Ce surendettement  touche  autant  les  nations  que  les  entreprises  et  les  particuliers. Pour répondre à ce déséquilibre, les Banques centrales ont encouragé  l’endettement  qui  atteint  désormais  des  niveaux  historiques  à  travers  le  monde.  Une  conséquence  inévitable  de  cette situation  sera,  à l’avenir  et  pour  très  longtemps,  l’obligation  de  maintenir  le loyer  de  l’argent  (ou  taux  d’intérêt)  à  un  niveau  bas,  à défaut  de  quoi  les  nombreux emprunteurs seront dans l’incapacité d’honorer leurs prêts.

Pour répondre au désordre financier de 2020, les Banques centrales sont allées encore plus loin en apportant un financement de dernière minute à travers leurs achats massifs d’actifs obligataires. Elles se sont alors substituées aux  fonctionnements  habituels  de  ce  marché  et,  en  se  positionnant  ainsi,  ont  créé  des  distorsions  qui les condamnent  à  intervenir bien au-delà du règlement de la crise actuelle.

Au  regard  des  sommes  engagées  par  les  autorités  monétaires,  les grands  bénéficiaires  ont  été  principalement  les  plus  grosses  structures. Si  cet  artifice  a  permis  un  accès  à  un  financement  du  moment,  il  ne  répond  pas  nécessairement  à  la  pérennité  économique  d’une  entreprise. Autrement  dit,  une  Banque  centrale  ne  peut  pas  imprimer,  comme  de  la monnaie, le chiffre d’affaires d’une société ni les emplois qui permettront à  des  consommateurs  d’acheter  les  produits  de  cette  entité.  De  plus, dans  certains  cas,  ce  financement  sert  de  cache-misère  aux  structures précaires,  vouées  en  temps  normal  à  disparaître  sous  le  poids  de  leur propre  surendettement  et  de  leur  déclin  industriel.  Cela  parait  injuste puisque  l’allocation  de  ces  ressources  financières  au  bénéfice  d’élèves médiocres  se  fait  aux  dépens des  acteurs  économiques  potentiellement plus performants dans le temps.

Ces  injections  monétaires  marquent  également  l’apparition  d’une  préférence  nationale  dans  l’orientation  de  ces  financements.  En  effet,  ces  interventions  ayant  pour  but  de  relancer  l’économie,  il  paraît  logique  que des acteurs locaux puissent en profiter en priorité. Cependant, ce type de subventions  soulève  des  questions d’ordre  stratégique.  Si  une  Banque centrale   intervient   massivement   pour   soutenir   ses   marchés   et   ses grandes  entreprises,  elle  doit  pouvoir  démontrer  qu’elle  est  pleinement capable de le faire sur le court, moyen et long terme. Le contraire lui serait  préjudiciable,  car  la  confiance  dans  son  système  financier  accordée par  les  argentiers  internationaux  reste  un  sentiment  fragile.  Ainsi,  une Banque  centrale  pourrait  se  trouver  dans l’obligation  d’intervenir  en  permanence pour entretenir cette confiance dans le cadre d’un intérêt stratégique national supérieur.

La crise de 2020 nous conduit donc vers un monde nouveau…

Un monde où l’épargne serait, pour très-très longtemps, faiblement rémunérée afin d’entretenir un stock abyssal de dettes; un monde d’interventions  permanentes  et  systématiques  des  autorités  monétaires,  prenant des allures de système administré sous l’ère communiste; un monde où l’allocation  des  ressources  est  conçue  pour  préserver  principalement  de grandes  entités  moribondes  aux  dépens  de  l’outil économique  potentiellement productif (composé d’intervenants plus petits et capables de créer les richesses de demain); un monde de subventions financières érigées en barrières nationales au service d’un intérêt local supérieur.

 

Colonne par Steven Groslin, Executive Board Member et Portfolio Manager chez ASG Capital.

 

 

ASG Capital est une Société de Gestion régulée. L’information présentée est à des fins éducatives seulement et n’a pas intention d’offrir ou solliciter la vente ou l’achat de valeurs mobilières, d’investissements ou de stratégies de placement spécifiques. Les investissements comportent des risques et, sauf indication contraire, ne sont pas garantis. Assurez-vous d’abord de consulter un conseiller financier et/ou un fiscaliste qualifié avant de mettre en oeuvre toute stratégie dont il est question dans le présent document.

Author: Fabien
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