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« More Money than Sense » par ASG Capital

  • Posted by: Fabien Tabouret

Vous pouvez retrouver cet article sur le site de Boursorama

 

Cette expression sonne d’un autre temps, quand il était de bon ton d’être précautionneux concernant la gestion de ses deniers.

Aujourd’hui, cette citation pourrait s’appliquer aux comportements des grandes Banques centrales, non pas pour leur côté frugal qui n’est pas leur vocation première, mais pour le sens profond qui transpire derrière leurs injections de liquidités systématiques dans les circuits financiers.

Certes, leurs interventions ont fait baisser le loyer de l’argent. Certes, cette politique a stabilisé une situation chaotique caractérisée par les dysfonctionnements financiers 10 ans plus tôt. Cependant, ces apports de liquidité n’ont pas été sans conséquence, car ils ont affecté l’interaction naturelle, qui existait autrefois, entre intervenants privés de la planète finance.

Dans le monde obligataire par exemple, la surabondance de liquidité court après les obligations d’entreprises en bonne santé financière. De nombreux investisseurs se battent désormais comme des chiffonniers pour obtenir ces actifs.

Une liquidité abondante et artificielle

Il en va de même pour certains fonds car cette liquidité abondante et artificielle pollue leur capacité de déployer convenablement l’épargne qui leur est confiée. Ils se trouvent asphyxiés par un manque d’opportunités d’investissement. Leurs gérants s’aventurent alors sur des périmètres plus risqués, souvent avec un ticket d’entrée sans passeport de sortie.

Cette camisole de fonctionnement s’applique également aux Banques Centrales elles-mêmes. Retirer progressivement leur apport suppose un possible retour de la volatilité qui avait tant perturbé les marchés financiers en 2008. La Réserve Fédérale des États-Unis a entamé une telle procédure de normalisation, et en a pris conscience à ses dépens fin 2018. En revanche, maintenir leurs politiques actuelles pourraient encourager des acteurs privés à prendre de plus en plus de risques pour chercher leur performance future.

En résumé, ces grandes Banques Centrales se trouvent dans une impasse sans une simple sortie. Alors, elles font tourner encore et encore la planche à billet dans l’espoir qu’une solution plus convenable se présente à elles. Elles ont ‘more money than sense’.

Malheureusement, les interventions sans perspectives d’arrêt de la part de le Banque Centrale japonaise sont là pour démontrer combien il est difficile de fermer se robinet de liquidité.

 

Colonne par Steven Groslin, Executive Board Member et Portfolio Manager chez ASG Capital.

Author: Fabien Tabouret
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