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Le monde des obligations alternatives reste un marché de niche

  • Posted by: Fabien Tabouret

Vous pouvez retrouver cet article sur le site de Boursorama

 

La réussite de grands fonds d’investissements,  ayant  des  stratégies  adossées aux  marchés  obligataires  alternatifs,  a  été remarquable ces dernières années.

Portés par une demande croissante d’investisseurs  en  mal  de  rendement,  ces  fonds ont attiré de plus en plus de flux d’épargne internationale. A cette collecte se sont ajoutées  de  bonnes  performances  de  ces  marchés. En peu de temps, certains acteurs ont revêtu  une  taille  industrielle,  traditionnelle-ment  associée  aux  fonds obligataires  plus classiques. Cependant, ces marchés restent dans   un   périmètre   d’investissement   de niche.

Avant  2008,  le  tissu  d’intervenants  était fondamentalement différent, composé d’une multitude de banques pour assurer la liquidité de  ces  marchés  face  à  un  nombre limité  de  fonds  spécialisés  ayant  pour  la plupart une taille plus modeste.

Des fonds devenus trop imposants

Depuis,  la  concentration  de  l’épargne  sur ces  marchés  s’est  faite  à  travers  certains gros  fonds,  des  intervenants  qui  sont devenus  parfois  trop  imposants.  Les  banques, quant  à  elles,  ont  été  nombreuses  à  se retirer  de  ces  activités  spécialisées, pour des raisons économiques et réglementaires ou parce que l’entité n’existe plus tout simplement.

Cette évolution a eu une incidence sur l’approche  d’allocation  d’actifs  pour  ces  fonds spécialisés   de   taille   importante.   Certains peinent  à  investir,  d’une  manière  optimale, l’épargne  qui  leur  est  confiée,  car  les  marchés  de  niche  ne  s’y prêtent  pas  toujours. Ainsi,   ils   se   trouvent   à   surpondérer   les mêmes   valeurs   obligataires,   uniquement parce  que  celles-ci  leur  restent disponibles à   l’achat.   En   revanche,   d’autres   fonds s’aventurent sur des actifs encore plus exotiques  jusqu’à,  parfois,  se retrouver  seul acheteur de ce type d’obligations.

La rançon du succès

Dans ces deux cas de figure, il ne s’agit plus vraiment  de  choix  de  conviction  car,  mécaniquement,   ils   enferment   leur allocation dans   une   camisole   d’investissement.   Ils sacrifient donc leur manœuvrabilité de gestion  sur  le  moyen/long  terme en  polluant leurs   capacités   à   matérialiser   la   valeur qu’ils  ont  créée  ou  de  gérer  finement  l’évolution des risques.

En  résumé,  la  rançon  du  succès  à  travers une  forte  collecte  d’épargne  rend  ces  gros fonds spécialisés structurellement illiquides face  à  des  vents  contraires.  Actifs  trop  exotiques  ou  tailles  de  positions  trop  importantes,    ‘Big’    n’est    pas   toujours    très ‘beautiful’  quand  il  s’agit  d’intervenir  dans un  monde  d’investissement  qui,  à  l’origine, reste un segment de niche.

 

Colonne par Steven Groslin, Executive Board Member et Portfolio Manager chez ASG Capital.

Author: Fabien Tabouret
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