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Le bonheur n’est plus dans le prêt

  • Posté par : Fabien
Vous pouvez retrouver cet article sur le site de Boursorama.
Les autorités françaises annoncent leur première émission à échéance 10 ans servant un rendement négatif. Nous sommes bien loin de l’emprunt Balladur à 6 % de 1993 ou de l’emprunt Giscard de 1973 indexé sur l’or qui, au passage, a coûté une petite fortune à la France.
On pourrait imaginer que le gouvernement français de 2019 profiterait de la situation pour lancer le plus d’émissions possibles, afin de cristalliser ces conditions exceptionnelles et, en même temps, optimiser ce coût de financement pour ses besoins financiers futurs.
Certains soulignent que l’Etat français est déjà trop endetté pour rajouter des emprunts par anticipation. «Le pays a mieux à faire dans les réformes structurelles que dans l’optimisation du coût de sa ressource financière» avancent-ils.
Depuis des années, les différents gouvernements français ont été incapables de maîtriser les déficits de la nation, alourdissant par là-même le poids de la dette nationale dans le temps. Désormais endetté à 100% de son PIB, le pays ne peut plus compter que sur une croissance élevée et/ou une
inflation des prix, pour alléger ce fardeau financier. Seulement voilà, ni l’une ni l’autre ne sont au rendez-vous. Dans ce contexte, un rendement négatif sur 10 ans sonne comme une aubaine, un avantage inespéré pour alléger l’endettement de la France.
Si c’est une bonne nouvelle pour le pays, il n’en va pas de même pour ses créanciers. Privés de la rente qui accompagne les emprunts depuis les années 1970s, les investisseurs exposent leurs capitaux aux vents de l’usure (l’inflation peut évoluer sur dix ans) sans aucun retour sur investissement. Du point de vue de ces rentiers, le bonheur d’investir sur la dette nationale n’est donc plus dans les prêts qu’ils font à l’Etat français!
Les rendements négatifs au profit de l’Etat français représentent une monnaie miraculeuse. Il serait dommage que l’Etat, dirigé par un ancien banquier, ne profite pas pleinement de cette opportunité financière exceptionnelle, un cadeau que ses créanciers d’aujourd’hui offrent sur un plateau d’argent à la France.

Colonne par Steven Groslin, Executive Board Member et Portfolio Manager chez ASG Capital
Auteur : Fabien