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La nuit du mort-vivant

  • Posted by: Fabien Tabouret

Vous pouvez retrouver cet article sur le site de Boursorama.

Deutsche Bank (DB) se retrouve une fois de plus en haut de l’affiche médiatique, mais pas pour de bonnes raisons. Cette institution bancaire semble glisser sur un chemin tracé par d’autres entreprises zombies, à l’instar des banques japonaises dans les années 1990.
Vingt ans auparavant, DB était considérée comme un césar de la finance. A son apogée, cet acteur bancaire important était craint par ses rivaux. Premier argentier de l’Etat allemand, cette institution faisait l’interface entre les marchés financiers et une multitude de petites banques régionales allemandes. A l’image de son nom, c’était la référence bancaire dans son pays.
Dans l’hubris des années 1990 et 2000, DB a voulu s’imposer sur la scène financière mondiale en s’éloignant de sa base d’activité pour intervenir sur des marchés nouveaux, notamment ceux des activités bancaires hors-bilan. La crise de 2008 révélera que certains de ses choix stratégiques furent trop hasardeux, mettant la banque face à des pertes considérables. Depuis, DB cherche en vain à y remédier, devenant l’ombre d’elle-même.
Le gigantisme des engagements de la DB en fait un problème d’ordre stratégique pour la nation allemande. Ne sachant pas par quel bout s’y prendre, sa classe politique a préféré, plutôt que de la laisser tomber, maintenir cette institution en vie en encourageant des recapitalisations à la petite semaine. Mais cela ne semble pas avoir été suffisant.
En juillet 2019, un effort supplémentaire de taille a été produit. A travers la création d’une Bad Banque, DB espère enfin se délester, une fois pour toutes, de ses déchets financiers toxiques qui polluent sa profitabilité.
Qui portera le passif de cette nouvelle Bad Banque? Probablement le contribuable allemand. Cette manœuvre suffira-t-elle pour remédier à tous les maux de la DB? C’est le but de l’exercice. Et comment DB envisage-t-elle son avenir stratégique après ? Cette dernière question reste en suspens.
Désormais, le cas DB prend une dimension hautement stratégique pour l’industrie bancaire allemande et européenne. Ses dirigeants politiques chercheront à tout prix à éviter une réaction en chaine à travers une mauvaise gestion du dossier DB.

Colonne par Steven Groslin, Executive Board Member et Portfolio Manager chez ASG Capital.

Author: Fabien Tabouret
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